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Portrait Inspirants : "Anne Grayer : l’art de se réinventer, à tout âge"

Portrait Inspirants : "Anne Grayer : l’art de se réinventer, à tout âge"

À 58 ans, Anne Grayer fait partie de celles qui considèrent qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre, changer de voie ou se lancer un nouveau défi.

 

Après une première carrière dans la finance qui l’a menée de Paris à Londres, en passant par le Japon, elle se tourne vers la naturopathie il y a 16 ans en Allemagne. Depuis, sa curiosité ne l’a jamais vraiment quittée : ostéopathie, fitness, yoga, face yoga… Anne apprend, explore et continue de se réinventer.

Mère de deux filles aujourd’hui adultes et grand-mère heureuse, elle cultive aussi une passion pour le tango, qui l’a menée deux fois jusqu’en Argentine.

 

Fraîchement installée à Salon-de-Provence, où elle ouvre un nouveau cabinet, Anne aborde cette nouvelle étape comme les précédentes : avec enthousiasme, curiosité et l’envie de voir ce que la suite lui réserve. Parce qu’à ses yeux, vieillir n’est certainement pas une raison pour arrêter de rêver – bien au contraire.

Anne Grayer, naturopathe à Salon-de-Provence

Que signifie « prendre soin » pour vous ?

 

Pour moi, c’est quelque chose de très global. C’est faire en sorte de protéger son bien-être, aussi bien physique que mental.

Prendre soin de soi, c’est prendre soin de son corps, de ses relations, faire des choses que l’on aime… C’est aussi essayer de se concentrer sur ce qui est positif dans sa vie plutôt que sur ce qui ne fonctionne pas.

Et je pense qu’une chose essentielle, c’est d’apprendre à s’apprécier soi-même.

Et comment prenez-vous soin de vous ?

 

Ça a beaucoup évolué avec l’âge. À 25 ans, j’utilisais des crèmes anti-rides – beaucoup plus que maintenant d’ailleurs ! (rires)

Aujourd’hui, je prends davantage soin de mon corps. J’ai toujours fait attention à mon alimentation, mais je crois que je suis beaucoup plus à l’écoute de ce dont j’ai réellement besoin. Je me laisse davantage guider par mon instinct, parce que mon corps me dit ce qu’il lui faut.

 

À 25 ans, j’étais beaucoup plus influencée par les diktats. Prendre soin de moi, c’était passer deux heures chez l’esthéticienne à me faire pomponner de la tête aux pieds. Aujourd’hui, je suis beaucoup plus sensible au fond qu’à la forme.

 

J’essaie surtout de limiter au maximum ce qui peut me faire du mal et, à l’inverse, de favoriser ce qui me fait du bien : l’eau que je bois, ce que je mange, ce que je mets sur ma peau, mes relations, les personnes que je fréquente… mais aussi les moments où je me retrouve seule.

Et puis j’apprends à mettre de la distance quand c’est nécessaire. Prendre soin de soi, c’est aussi savoir se protéger.

Présentez-vous en quelques mots.

 

Aujourd’hui, je suis une femme de 58 ans relativement bien dans ses baskets ! J’adore mon activité de naturopathe, que j’exerce depuis 16 ans, parce que c’est un métier qui me permet d’apprendre tous les jours au contact des autres.

Je suis aussi une mère et une grand-mère heureuse.

 

Je n’ai pas vraiment d’angoisse face à l’avenir ou au fait de vieillir. Je ne dirais pas que j’ai hâte de vieillir (rires), mais je suis curieuse de voir tout ce qu’il me reste encore à vivre et à découvrir.

Enfant, quel était le métier de vos rêves ?

 

Je crois que je n’ai jamais vraiment rêvé d’un métier en particulier. J’avais plutôt des images en tête. Je savais que je voulais beaucoup voyager, découvrir de nouvelles cultures, rencontrer des gens… mais ce n’était pas associé à un métier précis.

 

Plus tard, vers 15 ans, j’ai voulu devenir interprète à l’ONU, parce que j’avais déjà cette passion pour les langues et cette envie de comprendre ce qui se passe autour de moi.

Finalement, je suis devenue naturopathe après avoir travaillé pendant vingt ans dans la finance et vécu beaucoup de choses passionnantes, notamment au Japon, à Londres, à Paris et à Francfort.

 

J’ai toujours eu un petit problème dans la vie : je m’ennuie très vite ! (rires) Et je crois que j’ai enfin trouvé un métier dans lequel je ne m’ennuie jamais. Chaque jour, chaque rencontre est une nouvelle histoire.

Anne Grayer dans son cabinet de naturopathie à Salon-de-Provence

Dans la vie, à quoi essayez-vous de prêter davantage attention ?

 

J’essaie de plus en plus de me concentrer sur les choses positives qui m’entourent.

Ce qui me frappe aujourd’hui, c’est à quel point nous sommes surexposés. Nous vivons dans un monde qui va très vite, avec énormément de stimuli, ce qui représente un vrai challenge pour notre système nerveux. Et en parallèle, nous sommes constamment confrontés aux catastrophes, à la peur, à la négativité…

C’est probablement ce à quoi je fais le plus attention aujourd’hui : je choisis de me concentrer sur le positif.

 

Je suis convaincue que ce sur quoi on se concentre grandit en nous et, en se propageant, finit aussi par avoir un impact sur notre environnement. J’aime à croire et à dire que l’être n’est qu’énergie.

Quelle est votre devise du moment ?

« En vieillissant, il est important d’avoir de grands rêves… pour ne pas les perdre de vue ! »

Quelle est votre leçon de vie la plus importante ?

 

Qu’il n’est jamais trop tard pour se réinventer. On peut se réinventer à tout âge, tant qu’on est en vie. Il y a d’ailleurs une phrase qu’on ne m’entendra jamais dire : « Je suis trop vieille pour faire ça. »

 

Par exemple, il y a trois jours, je me suis mise au mobility training, inspirée par mon petit-fils !

Une personne ou une action qui vous inspire ?

 

Il n’y a pas une personne en particulier. Tous les jours, des gens de mon entourage m’inspirent.

Je suis touchée par les personnes animées par de vraies convictions et par l’envie de faire du bien, pour elles-mêmes comme autour d’elles.

 

Je crois que les gens que j’admire le plus sont ceux qui ont le courage de rester fidèles à leurs convictions, même quand le vent est contraire.

Qu’avez-vous dû désapprendre ?

 

Si on doit désapprendre quelque chose, c’est qu’on l’a forcément appris. Ça ne peut donc pas être quelque chose d’inné… sinon j’aurais répondu mon impatience ! (rires)

Je dirais donc : les certitudes.

Je crois que j’en avais beaucoup plus lorsque j’étais jeune qu’aujourd’hui. Cela me fait penser à cette phrase : « Maintenant je sais, je sais que je ne sais rien. »

Finalement, plus j’avance, plus j’accepte de ne pas tout savoir.

Quel événement a été déterminant dans votre vie ? Et quelles conséquences cela a eu sur vous ?

 

La naissance de ma première fille. C’est à partir de ce moment-là que j’ai véritablement commencé à me sentir responsable.

Je crois que sa naissance m’a fait prendre conscience de l’impact que mes actions pouvaient avoir sur les autres – et donc de ma responsabilité.

Qu’est-ce que vous remarquez aujourd’hui que vous ne voyiez pas il y a 10 ans ?

 

À part mes rides et mes poignées d’amour ? (rires)

Je dirais que j’ai compris que c’est OK si tout le monde ne pense pas comme moi. Aujourd’hui, j’arrive beaucoup mieux à l’accepter parce que je ne le vis plus comme une remise en cause de qui je suis.

 

Je pense avoir toujours été assez tolérante dans beaucoup de domaines. Mais plus une personne était proche de moi, plus il pouvait être difficile pour moi d’accepter qu’elle ait une vision différente de la mienne. J’avais l’impression que cela remettait en cause ma propre façon de voir les choses.

 

Mon travail de naturopathe m’a beaucoup aidée à comprendre que même si deux êtres humains peuvent avoir un patrimoine génétique quasiment identique, nous sommes tous profondément différents. Nous ne réagissons pas de la même manière face aux mêmes situations. Et c’est OK.

Anne Grayer pratiquant le yoga

Y a-t-il des gestes que vous faites pour booster votre confiance en vous ?

 

Oui ! Je fais le « wow » ! C’est un exercice de face yoga qui permet de se débarrasser de tout ce qui nous encombre. C’est extraordinaire à faire… même dans les bouchons quand la frustration monte ! (rires)

 

Un autre exercice que mon petit-fils m’a fait redécouvrir, ce sont les deep squats. Ils m’aident à activer mon énergie sacrale, c’est un excellent booster d’énergie et de confiance. C’est d’ailleurs une posture que l’on retrouve beaucoup dans les cultures asiatiques.

 

Et puis il y a des choses toutes simples : marcher pieds nus, s’asseoir par terre, retrouver le contact avec le sol… faire du grounding. J’ai découvert cette technique lorsque j’ai habité au Japon et cette méthode ne m’a plus jamais quittée.

Qu’est-ce qui vous apaise ?

 

Un : la respiration. Deux : un tango de Pugliese. Et trois : un bon bouquin !

 

Je viens de terminer un livre extraordinaire, Les Fleuves du ciel d’Elif Shafak. Je vous le recommande vivement : c’est magnifique, passionnant et ça fait beaucoup réfléchir. C’est exactement le genre de livre qui m’apaise.

C’était d’ailleurs une recommandation de mon libraire à Salon-de-Provence. Lui aussi fait partie de ces personnes qui m’inspirent au quotidien !

Quel plaisir de votre enfance aimeriez-vous retrouver aujourd’hui ?

 

J’aimerais réussir à nouveau à faire le poirier, les pieds contre le mur ! (rires)

J’y travaille !

Qu’est-ce qui, ces derniers temps, vous a fait sourire ou vous a émerveillée ?

 

Mon petit-fils !

Son sourire, sa façon de dire « ouiiii », et surtout sa capacité à s’enthousiasmer pour tout ce qui est nouveau. Comme sauter dans des vagues plus hautes que lui !

Cette capacité d’émerveillement me fait sourire à chaque fois.

Pouvez-vous nous partager un rituel quotidien ou hebdomadaire ?

 

La première chose que je fais au réveil, c’est boire un verre d’eau chaude, puis respirer profondément dix fois.

Pendant la nuit, nous perdons de l’eau simplement en respirant, un demi-litre en moyenne. Pour moi, commencer la journée en s’hydratant est donc essentiel pour remettre le corps en mouvement.

 

Les respirations profondes permettent ensuite de libérer le diaphragme et de réactiver le système lymphatique. C’est une façon toute simple de réveiller le corps, de retrouver de l’énergie et aussi d’avoir moins mal au dos au réveil. Essentiel à mon âge ! (rires)

 

 

Découvrez le site internet internet d'Anne Grayer

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